2010, année de la biodiversité
L’Organisation des nations unies a proclamé 2010 Année internationale de la biodiversité.
Avec le bassin d’Arcachon, la forêt des landes de Gascogne, les pelouses sèches couvertes d’orchidées en Lot-et-Garonne, les vallées verdoyantes et encaissées du Périgord ou encore les gaves pyrénéens, l’Aquitaine a de quoi célébrer la biodiversité et la nature.
À chacun de ces lieux évocateurs correspond un milieu naturel et des espèces vivantes aussi mystérieuses que précieuses : triglochin, gorgebleu, cistude ou balbuzard pêcheur, autant de maillons essentiels dans la chaîne fragile d’un écosystème.
Les Journées Aquitaine Nature proposent des visites libres ou guidées des grands sites naturels (réserves naturelles régionales, parcs naturels régionaux et sites du Conservatoire du littoral) et des sites Aquitaine Nature, ainsi que des idées de séjours avec les boucles éco-touristiques. Sans oublier les nombreuses animations pour tous les âges, avec le festival CinéNature dans les cinémas de proximité, des conférences scientifiques, des ateliers de découvertes, etc.
Une grande nouveauté cette année : les Journées Aquitaine Nature proposent la découverte d’une douzaine d’exploitations bio, avec au programme des visites guidées, des goûters et des ateliers de cuisine.
Les éco-boucles
Partir à la découverte d’un site naturel et/ou culturel, faire bonne chère et se reposer : les éco-boucles, c’est tout cela à la fois. Des séjours clé en main en quelque sorte, pour une immersion totale dans la diversité des territoires.
Qu’il s’agisse des grands étangs dans les Landes ou des zones humides en Lot-et-Garonne, des vallées d’Aspe et d’Ossau, du parc naturel régional Périgord-Limousin ou de l’estuaire médocain, ces écoboucles sont l’assurance de balades sans contraintes et d’une meilleure connaissance des sites emblématiques.
L’occasion également de tisser des liens avec les acteurs de la vie locale.
Les Journées Aquitaine Nature proposent une éco-boucle par département. Chacune fait office de feuille de route avec au programme un circuit de plusieurs sites naturels, un focus sur les lieux et les animations incontournables, une liste d’auberges et de restaurants (Assiettes et Cafés de pays) pour s’initier à la gastronomie locale, ainsi que les hôtels, les gîtes (dont certains éco-labellisés, et maisons d’hôtes des alentours.
Le lycée agricole de Sabres ouvre ses portes
Les Journées Aquitaine Nature proposent de partir à la découverte d’une douzaine d’exploitations agricoles biologiques partout dans la région.
Les initiés comme les néophytes peuvent notamment se rendre au cœur de la forêt landaise, au lycée professionnel agricole et forestier de Sabres, un des seuls en France à disposer d’une exploitation de ce genre.
À raison d’une à deux sorties guidées par demi-journée, les visiteurs seront incollables sur les bineuses et désherbeurs thermiques, sur la rotation des cultures et l’élevage des poulets biologiques.
« Nous voulons montrer au grand public, souligne Jean-Michel Charles, le directeur de l’exploitation, que l’agriculture biologique exige beaucoup plus de technique que l’agriculture conventionnelle, et surtout, qu’elle redonne à l’agriculteur la fierté de son travail. »
Entre culture de semences (maïs et soja), et élevage de poulets bio (69000 par an), l’exploitation vend ses produits et mène de nombreuses actions de pédagogie pour les scolaires et le grand public : des travaux pratiques d’aménagement d’agriculture et une sensibilisation à la biodiversité grâce à la présence d’un marais, des inventaires sur la faune et des constructions d’abris.
« Nous faisons le lien entre la nature sauvage et l’agriculture, explique le directeur de l’exploitation. En revenant à une agronomie respectueuse du rythme des saisons et en n’utilisant pas de traitement chimique, nous retrouvons un certain équilibre du milieu naturel. De plus en plus de gibier vient sur les terres depuis que nous ne traitons plus. »
Une raison supplémentaire de visiter l’exploitation !
La nature fait son cinéma
En partenariat avec l’Association des cinémas de proximité d’Aquitaine (ACPA), le festival CinéNature propose un cycle de films documentaires sur la nature. Des messages forts, portés par des passeurs d’images tout aussi engagés.
Rencontre avec Anthony Martin, un réalisateur landais dont les documentaires sont mondialement connus et qui participe au festival CinéNature.
Anthony Martin, comment vous est venue votre vocation ?
Je crois que j’ai toujours aimé observer la nature. J’ai commencé à filmer les animaux dans ma région à l’âge de dix-sept ans.
J’ai trouvé entre l’Adour et les Pyrénées un terrain d’observation inépuisable qui n’a cessé de m’inspirer jusqu’à aujourd’hui.
J’ai eu la chance par ailleurs de travailler dès le début avec des gens passionnés et de réaliser de très nombreuses heures de reportages et de films documentaires courts.
Comment aborde-t-on la conception et la réalisation d’un documentaire animalier ?
En ce qui me concerne, avec beaucoup d’abnégation, car un documentaire naît après une longue période de gestation. Cela suppose un parti pris total où le temps ne doit plus compter, où il faut être au diapason du rythme imposé par la nature.
Pour les Quatre Saisons du cerf, par exemple, j’ai passé trois ans à suivre l’animal, tapi dans son milieu naturel. De même avec Comme un poisson dans l’eau, qui a nécessité plus de cinquante heures de tournage pendant une année et ce quelles que soient les conditions météorologiques.
Comme un poisson dans l’eau, qui a pour décor les mystérieuses barthes de l’Adour, fait déjà office de grand classique. Il semble clore un cycle dans votre oeuvre de réalisateur.
Effectivement, avec Comme un poisson dans l’eau, j’ai commencé à replacer l’humain au coeur de la nature et, sans doute inconsciemment, au cœur de mon travail.
Ma rencontre avec Patrick Lamaison, un des derniers pêcheurs à la main sur les barthes de l’Adour, fut en ce sens une grande révélation.
En tentant de réhabiliter le dialogue entre l’homme et son environnement immédiat, j’ai voulu dépasser mon rapport purement contemplatif à la nature et déboucher sur une réflexion plus philosophique, plus humaniste.
Quels sont vos prochains projets ?
Je m’attelle à présent à un nouveau sujet, vaste lui aussi, celui de la nature humaine.
Et le héros cette fois-ci est un boxeur professionnel du cru. Je crois que les longues heures passées à observer les animaux et la nature m’ont donné la patience, la curiosité et le respect nécessaires à la compréhension de l’humain.
Projection de Comme un poisson dans l’eau
20 mai à 20h30 au cinéma de Sarlat (Dordogne) Tél. : 06 75 03 62 83
Visites guidées dans les Landes pour découvrir les Barthes
Les barthes de Pontonx-sur-Adour, le mercredi 19 mai,
Réservation : 06 89 87 88 45
Les Barthes de Saint-Martin de-Seignanx, le samedi 22 mai,
Réservation : 06 89 87 88 44
Infos pratiques
Réservation
Lors des visites et animations, les places sont le plus souvent limitées à quinze ou vingt personnes. Pensez donc à réserver par avance.
Météo
Pensez à consulter la météo avant de partir et à adapter votre tenue en conséquence : bottes, poncho, parapluie, crème solaire, lunettes de soleil, couvre-chef.
Équipement
Prévoir des chaussures de marche pour les randonnées et des bottes pour les milieux humides. Également utiles, des gants de jardinage et du petit outillage pour les chantiers nature, des jumelles pour l’observation de la faune et de la flore, et de la lotion anti-moustique pour les activités en milieu humide.
Repères
La biodiversité désigne la diversité naturelle des organismes vivants. Elle est subdivisée en trois niveaux : la diversité génétique, qui se définit par la variabilité des gènes au sein d’une même population ; la diversité des espèces ; la diversité des écosystèmes, c’est-à -dire les liens entre les population naturelles et leurs environnements physiques.
L’empreinte écologique mesure la superficie biologiquement productive (terre et eau) nécessaire pour pourvoir aux besoins d’un individu ou d’une population. Selon Global Footprint Network, qui a créé cet indicateur, il faudrait une planète Terre et demie pour répondre au mode de vie de l’humanité. Notre empreinte écologique a augmenté d’au moins 20% en dix ans.
Contrat Aquitaine nature
Depuis 2006, le conseil régional propose aux gestionnaires d’espaces naturels de souscrire au Contrat Aquitaine Nature : il s’agit d’un dispositif d’appui financier sur une période de trois ans renouvelable, visant à protéger et valoriser les sites, et à sensibiliser le grand public à la préservation des écosystèmes. Aujourd’hui, il existe 75 sites Aquitaine Nature.


