« Mémoire d’un engagement : la longue route des combattants marocains »
Du lundi 24 janvier au vendredi 11 mars 2011
Dans l’Hôtel de Région
14, rue François de Sourdis, Bordeaux
Ouvert du lundi au vendredi, de 9h à 17h.
Au cours des première et seconde guerres mondiales, comme de la guerre d’Indochine, par dizaines de milliers, des soldats marocains ont combattu au sein de l’armée française. Engagés au sein de régiments de tirailleurs ou de groupements de tabors, ils formaient une part importante des troupes dites « indigènes » ayant pris part aux combats les plus rudes de ces conflits. Après les indépendances, ces anciens combattants se sont vu refuser le droit à des pensions égales à celles de leurs anciens frères d’armes français. Ce n’est qu’au terme d’un long combat, et alors que les derniers d’entre eux sont maintenant très âgés, qu’ils commencent à obtenir justice.
Beaucoup d’anciens combattants marocains résident aujourd’hui à Bordeaux. L’exposition vise à rendre hommage à leur engagement pour la France et à le resituer dans l’histoire générale des troupes dites « indigènes ».
Un hommage photographique
L’exposition est construite autour de 22 portraits d’anciens combattants marocains vivant à Bordeaux. Signés Loïc le Loët, ces portraits noir et blanc réalisés à la chambre sont présentés en tirages argentiques grand format restituant au mieux la force intérieure et la présence de chacun des sujets
Loïc Le Loët, photographe professionnel, conduit depuis plusieurs années un travail de mise en lumière des anciens combattants marocains présents à bordeaux. Il a en particulier, dès 2001, réalisé en partenariat avec l’association MC2a l’exposition L814, du nom du formulaire de demande d’ouverture des droits à la retraite pour ces anciens combattants.
Des récits de vies
Les anciens combattants photographiés par Loïc Le Loët l’ont été du fait de leur participation au programme de collecte d’archives orales de la mémoire de l’immigration en Aquitaine. Ce programme, lancé sous l’impulsion de l’État, s’est en particulier traduit par l’enregistrement audio du récit de vie de ces anciens combattants. L’exposition restitue une partie de ces récits de vie :
en associant à chaque portrait une phrase extraite de ce récit de vie ;
en proposant aux visiteurs l’écoute d’extraits de ces récits de vie (via un baladeur mp3).
Le programme de collecte d’archives orales de la mémoire de l’immigration en Aquitaine a reçu le soutien technique et financier de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration (CNHI), du Ministère de la Culture (Direction régionale des affaires culturelles), de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé), du Conseil régional d’Aquitaine et des Archives départementales de la Dordogne et de Lot-et-Garonne. Il a été réalisé sous maîtrise d’ouvrage du Réseau aquitain pour l’histoire et la mémoire de l’immigration (Rahmi). Le volet collecte de la mémoire des anciens combattants marocains a plus spécifiquement été confié à Alifs (Association du lien interculturel, familial et social).
Un cadrage historique
L’exposition propose également des éléments historiques (textes, iconographie, cartographie) permettant de situer l’histoire des anciens combattants marocains et leurs récits de vie dans l’histoire plus large des troupes dites « indigènes » au sein de l’armée française. Quatre thèmes sont successivement traités : la notion de troupes « indigènes » dans l’histoire militaire et coloniale ; la contribution de ces troupes aux grands combats des 1ère et 2nde guerre mondiale ; la contribution spécifique des troupes marocaines ; l’après-guerre et la difficile conquête de la reconnaissance et des droits.
Ces éléments historiques ont été réalisés sous la direction de Pascal Blanchard et Eric Deroo, tous deux historiens, chercheurs associés au CNRS. Pascal Blanchard est spécialiste du fait colonial et de l’imaginaire colonial. Eric Deroo est spécialiste de l’histoire et des représentations sociales, coloniales et militaires.
Un dispositif spécifique pour les visites à caractère pédagogique
Tout au long de la présentation de l’exposition à l’Hôtel de Région, un dispositif spécifique d’accueil de visites à caractère pédagogique sera proposé chacun des mardis du calendrier scolaire (soit les mardis 25 janvier, 1er février, 8 février, 1er mars et 8 mars). Mis en œuvre en partenariat entre la Région, le Rahmi et Alifs, cet accueil spécifique, prioritairement destiné à des classes de lycéens et d’apprentis, s’articulera autour d’une visite commentée de l’exposition, la diffusion de documents audiovisuels et un échange avec des témoins.
Accès Hôtel de Région : Tram A / Station Saint Bruno – Hôtel de Région



Merci pour cette exposition qui répond à un devoir de mémoire. Mais le problème est que ces anciens combattants et même leurs descendants ne s’intéressent pas tant aux expositions dans des espaces fermés. Ils n’ont pas cette culture-là.
Ce qui serait d’un grand effet et qui aurait de "la gueule" c’est que l’ambassade de France organise une journée festive Place Jama’ Lafna à Marrakesh avec des panneaux explicatifs et avec des stands d’animation. Je suis sûr que cela touchera plus de monde et plus de coeurs. Nous y montrerons que la France est reconnaissante à ses combattants de toutes les nationalités, malgré la bêtise du colonialisme auquel nos parents, des deux rives ont aussi contribué. Mon père est Marocain et il a fait deux fois l’Indochine. Le Vietnam s’est libéré après de durs combats et j’en suis heureux pour les Vietnamiens. Nos combattants n’ont pas participé uniquement à la libération de la France, mais aussi à son aventure coloniale. Moi j’assume toutes ces facettes de notre héritage franco-marocain.