La tempête du 24 janvier 2009 a été d’une ampleur exceptionnelle et ses conséquences présentent un grand nombre de risques économiques et sociaux pour l’avenir de notre région. Le Conseil régional d’Aquitaine est intervenu dans une premier temps avec une série de mesures d’urgence et dans un second temps, en mars 2009, avec l’adoption d’un Plan tempête construit avec les acteurs professionnels des différents secteurs touchés.
Une tempête plus dévastatrice qu’en 1999
La tempête Klaus a davantage dévasté la forêt de pins maritimes des Landes et les peupliers en Lot-et-Garonne qu’en décembre 1999. C’est le cœur économique du massif de production landais qui a été touché : grandes propriétés forestières, industries de transformation. Les conséquences économiques et environnementales sont très lourdes.
Dans le secteur agricole, des pertes conséquentes ont été à déplorer notamment pour les filières volailles et fruits et légumes. Les départements les plus touchés étant là encore les Landes mais également le Lot-et-Garonne.
Les ostréiculteurs et les pisciculteurs n’ont pas non plus été épargnés. Notamment pour ces derniers, près de 40 sites répartis dans 3 départements (Gironde, Landes et Lot-et-Garonne) ont subi des dommages.
Des dégâts ont également été causés dans de nombreux centres d’hébergement de vacances, sur des pistes cyclables, sentiers de randonnée, plages qui pourraient impacter fortement l’activité économique liée au patrimoine naturel et au tourisme, sans parler des conséquences purement environnementales.
Enfin, les établissements scolaires sous compétence régionale ont eu également à faire face à des travaux de réparation voire de reconstruction, parfois très lourds.
Un bilan extrêmement lourd et difficile à chiffrer notamment au surlendemain de la tempête. Voir l’actualité qui fait état du premier bilan
Les mesures d’urgence mises en place dès février 2009
Au-delà des dommages immédiats sur la sécurité des biens et des personnes qui ont touché des centaines de milliers d’Aquitains pendant plusieurs jours, les bilans établis au fil des semaines qui ont suivi la catastrophe ont confirmé l’importance du traumatisme subi par l’Aquitaine, que ce soit au plan économique, social ou environnemental.
La première mesure d’intervention prise par la Région Aquitaine a été la constitution d’une cellule de crise chargée d’élaborer dans les plus courts délais un plan interprofessionnel de reconstruction. Cette cellule a abouti au Plan de solidarité et de reconstruction, dit Plan tempête, adopté en séance plénière le 23 mars 2009. Mais face à la gravité de la situation, ce plan a été précédé d’un certain nombre de mesures d’urgence en faveur des secteurs les plus sinistrés.
Sur le seul secteur de la forêt, ce sont 600 000 hectares qui ont été endommagés, dont 300 000 détruits à plus de 60%. En volume, 40 millions de m3 ont été ravagés, dont plus de 37 millions de m3 de pin maritime, soit l’équivalent de près de 5 années de récolte (c’est-à-dire deux fois plus qu’en 1999). Dès la commission permanente du 16 février 2009, les élus ont voté pour la mise en place d’une équipe itinérante d’intervention afin de dégager les pistes forestières, ainsi que pour la mise en œuvre d’un programme exceptionnel de formation d’urgence portant sur les priorités relatives à la sécurité du travail dans les zones sinistrées.
Mais la filière forêt-bois n’est pas la seule à avoir été durement touchée : une aide financière à la main d’œuvre d’urgence a été attribuée aux filières agricole et aquacole qui ont également beaucoup souffert de la tempête.
Du côté de l’artisanat, la Région Aquitaine a souhaité alimenter le fonds de solidarité mis en place par la Chambre régionale de Métiers d’Aquitaine.
Enfin, une mesure d’urgence a été consacrée à la réalisation de travaux de réparation dans les lycées aquitains, quasiment tous détériorés par la tempête.
Un Plan tempête consolidé pour trois ans, de 2009 à 2011
Voté en séance plénière le 16 mars 2009, le Plan de solidarité et de reconstruction fait écho à l’adoption du Plan de reconstruction durable de la forêt et de la filière bois que la tempête du 27 décembre 1999 avait occasionnée.
A travers ce Plan tempête 2009, élaboré par l’ensemble des filières professionnelles concernées par les dégâts de la tempête, la Région Aquitaine s’est engagée à verser 31 millions d’euros sur les années 2009-2010-2011, répartis dans divers secteurs :
la filière forêt-bois : soutien à l’interprofession ; aide à la sylviculture par le renforcement et l’adaptation du dispositif SODEF (Société de développement de l’économie forestière) ; appui aux entrepreneurs de travaux forestiers avec des aides à la formation et aux investissements ; aides au stockage et au transport des bois ; soutien aux industries de la transformation du bois ; et enfin prospective sur le devenir forestier et conduite d’actions d’animation.
les filières agricole et aquacole : aide à la main d’œuvre et à la reconstruction de l’appareil de production.
les professionnels du tourisme : aide à la remise en sécurité des campings et équipements touristiques ; déblaiement des chemins de randonnées, pistes cyclables et sites d’accueil littoraux.
la réhabilitation de l’environnement : réparation des digues ; restauration des cours d’eau ; restauration des éléments patrimoniaux et naturels du Parc Naturel des Landes de Gascogne ; remise en sécurité des Réserves naturelles régionales, des sites Aquitaine Nature et des centres environnementaux soutenus par la Région.
Appel à la solidarité
Face à cette catastrophe naturelle majeure, la Région Aquitaine a fait appel à l’Union Européenne pour qu’elle mobilise son Fonds de solidarité et qu’elle mette en œuvre différents fonds d’intervention, tels que le Fonds européen de développement régional (FEDER) Axe 3 Environnement et le Fonds européen de développement rural (FEADER) qui pourra accompagner la Région et les départements dans leurs mesures de soutien à la reconstitution du potentiel agricole et forestier, ainsi qu’aux opérations d’exploitation du bois qui précèdent sa transformation industrielle.
Enfin, la Région a proposé à l’Etat de signer un avenant « tempête » au Contrat de projets Etat-Région (CPER) 2007-2013 afin de consolider les différents dispositifs d’intervention que les deux partenaires affecteront aux secteurs économiques sinistrés, en particulier le secteur agricole et la filière forêt-bois.
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marinef a écrit le 23 juillet 2010
- Tempête 2009 : agir ensemble



